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Au
Japon, vers l’an 900, le gouvernement impérial se révéla
incapable de faire régner l’ordre, de remédier
aux famines et d’assurer la sécurité à
travers le pays. Pour défendre leurs domaines, les riches
propriétaires de province armèrent et organisèrent
des troupes de guerriers jouissant de privilèges particuliers
: les bushi ou samouraïs.
Les clans des grandes familles nobles et la caste des samouraïs
virent grandir leur influence à dater de 1156, alors que
l’empereur Sutoku, affaibli et reclu, avait dû se résoudre
à demander leur protection. Les chefs de clan tentèrent
de prendre le contrôle du gouvernement mais, minés
par leurs rivalités, ils durent lutter pour l’hégémonie,
et le véritable pouvoir tomba entre les mains des guerriers.
Ainsi les luttes restèrent-elles endémiques dans les
provinces où le pouvoir des guerriers devint progressivement
un état de fait.


Les
samouraïs étaient soumis à la noblesse et devaient
une allégeance complète à leur seigneur. Individuellement,
ils obéissaient à un code de l’honneur, ou plutôt
à une éthique : le bushido - la “ voie
du guerrier ”. Ce code était destiné à
régler selon l’honneur le comportement du guerrier
dans les batailles. Il régissait les relations entre les
membres d’un même groupe ou d’une même parenté,
leur subordination à un maître. Au combat, il devait
exercer la solidarité, l’honneur, la bravoure jusqu’à
l’héroïsme. L’usage voulait que l’on
décapite son ennemi vaincu.


Dans
l’esprit du bushido, les samouraïs considéraient,
tout au long de ces époques de conflits, leurs armes de combat
comme l’élément de transmission de leur esprit
sur leurs actes.
Le sabre était pour le samouraï un objet sacré
dont la lame, par sa pureté, symbolisait l’âme
du guerrier. Seule la caste des samouraïs était autorisée
à porter le sabre long (katana) et le sabre court
(wakasahi). Un samouraï qui perdait son épée
n’avait plus de vie, et les soldats vaincus au combat allaient
prier au sanctuaire Hachimen (dieu de la Guerre), demandant pourquoi
leur épée avait perdu son âme.
Ces
précisions sont extraites du Japon éternel,
de Nelly Delay, Collection Découvertes Gallimard
n°362. Droits réservés © Gallimard 1998.


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