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un extrait

Dans sa forteresse d’Inuyama, l’impitoyable seigneur Iida Sadamu, du clan des Tohan, assure sa protection grâce au “ parquet du rossignol ” qui conduit à sa chambre. Construit avec un art consommé, ce parquet chante au moindre effleurement d’un pied humain. Aucun assassin ne peut le franchir sans qu’Iida l’entende…

Au XVIème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit dans un village tranquille, au sein d’une communauté qui condamne la violence. Mais cette communauté est victime de persécutions, et les habitants du village de Takeo sont massacrés par les hommes d’Iida. Sauvé et adopté par sire Shigeru, chef du Clan des Otori, le jeune garçon se trouve plongé dans un univers d’intrigues et de luttes violentes entre les clans de ce Japon féodal.

Animé par son désir de vengeance et son devoir de loyauté, transporté par l’intensité de son amour pour la belle Kaede, Takeo devra trouver sa propre voie.
Sa quête le conduira derrière les murailles d’Inuyama, où il devra franchir le parquet du rossignol… cette nuit-là le rossignol se taira-t-il ?

Lian Hearn donne naissance dans ce premier livre du Clan des Otori à un univers intensément poétique où les personnages sont aux prises avec les codes sévères d’une société qui exacerbe les passions.

Ce roman à deux voix, puissant et captivant, qui suit les destins entremêlés de Takeo et de Kaede, est servi par une écriture claire et ciselée. Il trouvera chez tous les lecteurs, dès l’adolescence, une résonance universelle et profonde.


Hors série : 17 euros.
Folio : 7, 40 euros.
CD-audio : Lu par Thierry Hancisse, texte abrégé, prix conseillé 22 euros.
(3 CD, durée d'écoute : 4 heures environ).

 

 




Le seigneur essuya le sabre et le remit dans le fourreau fixé à sa ceinture.
“ Viens ”, me dit-il.
Je restai là, tremblant, incapable de bouger. Cet homme avait surgi de nulle part. Il venait de tuer, sous mes yeux, pour sauver ma vie. Je me jetai à ses pieds en essayant de trouver des mots pour exprimer ma reconnaissance.
“ Lève-toi, dit-il. Le reste de la bande sera à nos trousses dans un instant. ”
Je parvins à articuler : “ Il faut que je retrouve ma mère.
- Pas maintenant. Tout ce que nous devons faire, c'est filer ! ” Il me força à me relever et commença à me presser de monter plus haut : “ Que s'est-il passé là-bas ?
- Ils ont incendié le village et tué… ” Le souvenir de mon beau-père s'imposa de nouveau à moi et je fus incapable de poursuivre.
“ Les Invisibles ? ”
Je chuchotai : “ Oui.
- C'est la même chose dans toute la province. Iida attise partout la haine à leur égard. J'imagine que tu es des leurs ?
- Oui. ” Je grelottais. On était encore en été et la pluie était tiède, cependant je n'avais jamais eu aussi froid de ma vie. “ Mais ce n'était pas uniquement pour ça qu'ils me pourchassaient. J'ai fait tomber sire Iida de son cheval. ”
À mon grand étonnement, le seigneur éclata de rire. “ Voilà un spectacle qui devait en valoir la peine ! Mais du coup, tu es doublement menacé. Il va devoir laver un tel affront. Enfin, maintenant tu es sous ma protection. Je ne laisserai pas Iida remettre la main sur toi.
- Vous avez sauvé ma vie, dis-je. A partir de ce jour, elle vous appartient. ”
Pour une raison ou pour une autre, ma remarque le fit rire de nouveau. “ Nous avons une longue marche devant nous, et nos estomacs sont vides et nos vêtements trempés. Il faut que nous ayons franchi la montagne avant que le jour soit levé et qu'ils se soient lancés à nos trousses. ”
Il s'éloigna à grands pas et je courus à sa suite, en faisant de mon mieux pour empêcher mes jambes de trembler et mes dents de claquer. Je ne connaissais même pas son nom, mais je voulais qu'il soit fier de moi et n'ait jamais à regretter de m'avoir sauvé la vie.
“ Je suis Otori Shigeru, dit-il quand nous commençâmes l'ascension du col. Du Clan des Otori, de Hagi. ”


 
 
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